Carbone et forêt

En forêt, le carbone est stocké dans deux compartiments majeurs. Premièrement dans les arbres, que ce soit dans les parties aériennes (troncs, houppiers) ou dans les parties souterraines telles que les racines. Deuxièmement dans le sol forestier, sous différentes formes en fonction de l’état d’altération de ce carbone et à différentes profondeurs. Ces deux compartiments séquestrent en forêt française métropolitaine une masse astronomique de carbone, de l’ordre de mille millions de tonnes pour chacun des deux.

Les forêts françaises captent chaque année le tiers des émissions de CO2 françaises soit 32 Millions de tonnes de Carbone par an (MtC/an). Cependant, une grande majorité de l’accroissement des forêts et donc du réservoir de carbone est coupé chaque année. De plus, une faible partie du carbone de ce bois est stocké de manière durable sous forme de produit du bois. En effet la production montre un pourcentage élevé de produit à une durée de vie plus que limitée (papiers, cartons…).

Il a été prouvé que les boisements qui stockent de manière la plus efficace le carbone sont des forêts qui ont pu vieillir. Là où les arbres ont la possibilité d’atteindre des diamètres élevés et où le bois mort est conservé. Ainsi, la durée du cycle sylvicole est déterminante quant à la potentialité de séquestration du carbone. En effet, plus l’âge d’exploitabilité des arbres sera élevé plus le peuplement sera efficace en terme de stockage de carbone. Par conséquent, affirmer qu’une forêt est un puits de carbone uniquement dans ses années de plus forte croissance est totalement faux.

bois mort

Quels choix sylvicoles pour le stockage de carbone ?

  • Allonger les cycles sylvicoles
  • Proscrire les coupes rases
  • Conserver du bois mort
  • Favoriser le mélange des essences
  • Préférer la futaie irrégulière

La forêt, puits de carbone ou non ?

La prise de conscience par la population sur le réchauffement climatique est désormais actée. Tout le monde s’accorde sur la nécessité de limiter les émissions de carbone afin de préserver notre planète. L’effet « puits de carbone » par les différents écosystèmes mondiaux (forêts, océans, tourbières) est souvent mis en avant pour limiter l’impact du développement humain. Malheureusement, on peut entendre à peu près tout et n’importe quoi sur le sujet, jusqu’à des affirmations dépassées quant au rôle de la forêt sur la séquestration du carbone. Citons à titre d’exemple celle qui dit que seules les forêts jeunes seraient capables de piéger le carbone atmosphérique responsable du changement climatique.

foret

Comment en est-on arrivé à cette affirmation ?

La thèse explicitant que les vieilles forêts (contenant des arbres âgés et très âgés) auraient un bilan carbone neutre s’appuie sur des travaux d’un scientifique américain des années 60. Il y expose le fait que le bilan positif (captage de carbone) par les jeunes arbres en pleine croissance serait « équilibré » par le bilan négatif des arbres mort qui se décomposent (relargage de carbone).

Il est prouvé aujourd’hui que cette affirmation est fausse. Malheureusement, à l’heure actuelle, elle représente encore un frein quant à la mise en place de zones de protection sur des massifs forestiers considérés comme puissants « puits de carbone ».

Pour aller plus loin:

Le carbone forestier en mouvement de Magali Rossi

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